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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 21:21

« Pigasse, c’est l’Homme Fort ! » Cela m’avait été affirmé péremptoirement d’un ton admiratif  et respectueux par un jeune cadre attaché à la Présidence du Congo et originaire d’Ollombo vers la fin de l’année 2009. Un raccourci qui veut dire que Jean-Paul Pigasse a l'accès permanent et direct à Sassou NGuesso, qu'il en a l'oreille, que ses conseils sont décisifs et que c'est un homme qu'il vaut mieux ne pas importuner.....    L'homme fort ! En Afrique, cela veut dire beaucoup !

 

A cette époque, j’avais, tout de même, fini par comprendre que Jean-Paul Pigasse n’était pas un simple journaliste, aux ordres de Sassou NGuesso, qu’un grand nombre de Congolais injuriaient sur internet, ni encore et seulement un patron de presse, grassement subventionné (chaque numéro trimestriel de la Revue Géopolitique, qu’il contrôle maintenant, recevrait un peu plus de 200.000 euros payés par la Société Nationale des Pétroles du Congo). Certains affirmeraient qu’il est aussi le nègre (ghost writer) de Sassou NGuesso pour un ou plusieurs ouvrages que je serais bien incapable de citer. Il n’y aurait là, à proprement dit, rien de remarquable, de condamnable ou d’extraordinaire. Il n'aurait été alors qu'un professionnel de l’écriture qui tente de gagner sa vie au mieux. Cela relativise simplement la portée de ses éditoriaux qu’il signe d’un pudique « Les Dépêches de Brazzaville » pour mieux épouser une pseudo identité congolaise dans leur rédaction. La presse n'est que son côté officiel et apparent.

 

Jean Paul Pigasse a pour patron Denis Sassou NGuesso, deux fois putschiste et chef de guerres civiles (il a été le premier impunément, avant Kadhafi et Gbagbo/Ouattara, à bombarder sa capitale à l’arme lourde), au moins depuis celle déclenchée le 05 juin 1997 (http://sergeberrebi.over-blog.com/article-chapitre-vi-la-fumisterie-du-declenchement-de-la-guerre-du-5-juin-1997-58408551.html ) . Il sait parfaitement à qui il a affaire et il a totalement intégré le système.

 

Le quotidien « Les dépêches de Brazzaville » est un journal de quelques pages qui est partagé, pour moitié,  avec des sujets qui traitent de la République Démocratique du Congo voisine (est-ce pour anticiper une prochaine OPA de Brazzaville sur Kinshasa ?). Son tirage quotidien est de 15 000 exemplaires, dont 3 500 sont réservés à la Présidence de la République (de Brazzaville). Un peu plus de 10 000 exemplaires sont vendus chaque jour entre Brazzaville, Pointe Noire etc.,  1000 ou à peu près sont invendus.

 

Avec un prix de vente de 100 FCFA (15 centimes d’euros) tout autre professionnel de l’édition que Jean Paul Pigasse aurait fait faillite depuis longtemps. Sur cette feuille de choux, Monsieur Pigasse s’est construit un empire. Il dispose de luxueux bureaux, 38 rue Vaneau dans le prestigieux 7èmearrondissement de Paris ainsi que des bureaux à Washington. Cette dernière adresse n’a qu’une justification possible : le lobbyisme ! On n'imagine pas un seul instant, malgré son grand talent, que ce soit pour concurrencer le Washington Post !

 

Cet homme qui force l’admiration et le respect, à Brazzaville, a toujours évité d’aborder les sujets qui fâchent véritablement. Sont tabous : le Président, sa famille, quelques courtisans, le pétrole, la transparence et deux ou trois bricoles. Pour le reste, il peut à sa guise rester aveugle et sourd ou, s’il le souhaite,  tirer à boulets rouges sur du menu fretin ou, sans jamais les nommer précisément, les  « véritables » responsables du gâchis congolais. Concernant le pétrole, il faut toutefois noter une exception, de taille, à la règle dans l'éditorial "De bon ton" du 15 avril 2011.

 

Tout cela n’est en fait qu’une façade. Monsieur Pigasse est un homme d’influence. Son passé, son parcours, ses proches, ou presque, se seraient situés à Gauche. Ses mérites, à part Sassou NGuesso, ont été reconnus et récompensés curieusement d’une Légion d’Honneur par Jacques Chirac sur son dernier contingent avant qu’il ne quittât l’Elysée. Bien malin qui pourrait dire pourquoi ? 

 

(Cette dernière réaction est teintée, à peine, de jalousie : pour être intervenu d'une manière décisive afin  d'empêcher un détournement, d'un avion parti de Brazzaville en 1987, j'étais "fiché" comme "barbouze" jusqu'à l'année dernière..... La nation reconnaissante !            http://sergeberrebi.over-blog.com/article-premier-dc10-rk-55-50063462.html )

 

En France, la Gauche, la Droite se déchirent ; lorsqu’il s’agit du Congo, elles se décorent…..

 

Il y a quelques mois un article avait été publié sur Mwinda, site congolais d’opposition. (http://www.mwinda.org/index.php?option=com_content&view=article&id=556:-rancurs-et-etroitesse-desprit-&catid=101:article ) Quelques lignes, les premières , ont mis hors de lui le président congolais. Jean Paul Pigasse m’en aurait attribué la paternité. Voici ce court extrait : « Rancœurs et étroitesse d’esprit. Le dernier éditorial de Jean Paul Pigasse est-il un ultimatum poli et déguisé qu’il adresse à l’homme qu’il a contribué à rendre puissant et qu’il a considérablement enrichi - grâce à ses réseaux qui ont permis l’effacement de la dette congolaise - ou tout simplement un constat d’échec ? Sûrement les deux ! Pigasse a été un des principaux leviers de l'accession du Congo au programme PPTE. Le Congo s'en est sorti désendetté et quelques-uns en ont fait leur grande fortune…. »

 

J.-P. Pigasse est régulièrement informé, par mes soins, d’actions, d’interventions, d’initiatives qui sont en relation avec le Congo ou avec son président. D’un point de vue journalistique, ils auraient constitué d’excellents scoops…. Il n’en a jamais parlé. Parfois, il y a une certaine force, presque de la violence, dans ces échanges à sens unique. Cela ne nous a pas empêché de nous rencontrer en début d’année 2010. Comme son ami l’ambassadeur Henri Lopès, ils avaient compris qu’il valait mieux se débarrasser de moi en réglant mon affaire. Notre entretien fut courtois, cordial. Le Congo avait obtenu l’accès au programme PPTE dans lequel j’interférais, il était clair qu’il fallait en finir avec les broutilles que constituait mon dossier. Il fit le voyage de Brazzaville et se rendit compte que le blocage était total me concernant. Sassou NGuesso n’autoriserait pas mon règlement. Pour quelle raison ? Voici quelques pistes sérieuses : http://sergeberrebi.over-blog.com/article-premier-dc10-rk-55-50063462.html (bis) et http://sergeberrebi.over-blog.com/article-le-dc-10-d-uta-ne-devait-pas-exploser-51136730.html

 

En une douzaine d’années d’existence, les Dépêches de Brazzaville, ne m’ont fait « l’honneur » de leurs colonnes qu’à deux seules reprises.

 

La première fois, c’était le 05 décembre 2001( http://www.brazzaville-adiac.com/index.php?action=depeche&dep_id=311&oldaction=liste&regpay_id=0&them_id=0&cat_id=0&ss_cat_id=0&LISTE_FROM=0&select_month=0&select_year=0) .  J.-P. Pigasse rapportait l’audience qui s’était tenue la veille à la 17èmeChambre Correctionnelle du TGI de Paris relative à la plainte déposée par Norbert Dabira et Gabriel Oba-Apounou contre François Xavier Verschave. J’avais accepté de témoigner en faveur de ce dernier. Dabira était un ami, Oba-Apounou « mon » ex –ministre du développement rural, j’y allais pour y révéler des faits précis que j’avais rapportés à la Police Française et au Juge Bruguière. J’avais consenti à le faire, auprès de Verschave et de son Avocat, Maître Comte, à condition que des journalistes soient présents. Ce qu’ils m’avaient assuré. Lorsque je fus appelé à me présenter dans la salle d’audience, Jean-Paul Pigasse trônait seul dans le box réservé à la presse. Voici ce que le brillant reporter d’alors, le grand homme de presse a rapporté de mon témoignage : « Cinq heures d’un ennui mortel, marquées par les dépositions interminables de trois témoins –Serge Berrebi, Albert Kolélas, Benjamin Toungamani – cités par la défense, dont on se demandait avec angoisse ce qu’ils voulaient dire tant leurs propos étaient décousus et hors sujet. » Plus loin dans l’article : « On retiendra aussi le talent et la fougue avec lesquels les avocats du général Dabira et de Gabriel Oba-Apounou, M° Jacques Vergès et Luc Brossollet, ont attaqué François-Xavier Verschave – « Saint Verschave » dira méchamment le premier - , le harcelant ainsi que ses témoins de questions précises….. »  

 

Ce qui suit est strictement sous le contrôle du rapport du  greffier qui était présent à l’audience et des notes que j’avais prises immédiatement. Je défie Jean Paul Pigasse de dire que les affirmations qui suivent, contraires à son article,  sont mensongères : « Lorsque j’en eus terminé de mon témoignage, le Président, le Juge Hervé Stephan, me posa une seule question. Je répondis par le nom de Pierre Oba. Puis il donna la parole aux Avocats, d’abord Maître Comte, puis ce fut Maître Brossolet qui déclara qu’il n’avait pas de question à me poser « mais qu’après un témoignage de cette qualité, il ne pouvait qu’encourager le témoin à écrire des romans de science-fiction ! » Personne alors n’a ri dans la salle ! Puis le Président se tourna vers Maître Vergès. Celui-ci, replié sur son pupitre, sans lever la tête, dans un mouvement de refus du bras, répondit au Président : « Je ne suis pas l’Avocat du Juge Bruguière ! »

 

(Curieusement Verschave fut condamné, malgré cela, pour diffamation mais je ne fus pas, alors, poursuivi moi-même pour diffamation ou faux témoignage  !)

 

Me concernant Jean Paul Pigasse doit être sourd ou malentendant. Quant à sa bonne foi, laissons  cette appréciation aux lecteurs…..

 

La seconde fois, c’était le 23 février dernier ( http://www.brazzaville-adiac.com/index.php?action=depeche&dep_id=46842&oldaction=liste&regpay_id=0&them_id=0&cat_id=0&ss_cat_id=0&LISTE_FROM=0&select_month=0&select_year=0). Jean Paul Pigasse se dissimule encore derrière son pseudo favori « Les Dépêches de Brazzaville » et me lance quelques piques destinées à satisfaire le président congolais et sa cour. Le propre d’un dictateur c’est de ne reconnaître aucune autre loi que la sienne qu’il établit selon son humeur et sa préférence. J.-P. Pigasse me tend là une perche pour en faire la démonstration.

 

« Tout en contestant sa réalité » et plus loin "les agissements de Berrebi & Associés"’ constituent de basses équivoques pour plaire à son employeur. Elles sous-entendent que je suis un malfaiteur, un escroc. Je ne me lancerai pas dans un long plaidoyer pour me justifier, j’invite simplement « les Dépêches de Brazzaville » à lire l’Arrêt de la Cour d’Appel d’Aix en Provence du 08 novembre 2000, ci-dessous. Les avocats du Congo sont toujours les mêmes,  Sassou NGuesso ne les a pas reniés. Cleary, Gottlieb Steen Hamilton n’ont à aucun moment, d’une manière ou d’une autre, contesté « la réalité » de ma créance. La seule  contestation portait alors sur l’incidence de la dévaluation du FCFA.

 

Pacifique Issoïbeka, ministre des Finances du Congo avait avoué publiquement que 60% des marchés de l’Etat étaient « bidon ». Le journal de J.-P. Pigasse, curieusement, ne l’a  jamais rapporté. Sans oublier l’immense fausse dette créée de toute pièce en 1992, par son employeur,  des centaines de millions d'euros aujourd'hui, pour « emmerder Lissouba ». M’offrira-t-on quelques colonnes dans les « Dépêches de Brazzaville » pour parler de la dette gagée, sur le pétrole congolais, domiciliée en Suisse  qui a été payée on ne sait combien de fois ? Des centaines de millions de dollars encore…

 

Quant au titre donné à l’article, je comprends qu’il est difficile de faire du sensationnel au Congo Brazzaville tant ce pays est étouffé par la médiocrité. Un pays producteur de pétrole qui est incapable de soigner sa population. Un pays producteur de bois incapable de fabriquer des bancs et des tables pour ses écoliers. Un pays qui ne manque pas d’esprits brillants mais qui est obligé de subir le lavage de cerveau d'une presse officielle dirigée par un Rédacteur en Chef importé.

 

Je laisse, Jean Paul Pigasse, à ses médisances. La République du Congo reste ma débitrice et ne pourra s'acquitter de sa dette en me diffamant. Les décisions de justice, dont je bénéficie, s’appliqueront tôt ou tard....

 

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Published by berrebiserge
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Le Hareng Mal Salé 21/07/2014 19:04

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